Les schémas précoces inadadaptés

Vous avez peut-être déjà entendu parler de schémas ? Des sortes de scripts mentaux qui nous font agir de manière répétitive tout au long de notre vie sans que nous en soyons vraiment conscients, car ils sont latents et souvent évités.

Peut-être avez-vous tendance à faire des burnouts professionnels dû à un désir de perfectionnisme irrépressible ? Ou toutes vos relations amoureuses se terminent de la même façon ? Ou vous souffrez d’une timidité excessive qui vous empêche de réussir votre vie professionnelle ?

Vous ne comprenez pas pourquoi ces situations se répètent inlassablement mais vos comportements sont des manifestations des schémas précoces inadaptés et puisque vous n’en êtes pas conscients, vous vous laissez piéger par ceux-ci sans vous en méfier. Les schémas peuvent être assimilés à un guide rigide qui est imposé à la personne, tel un filtre qui mène à penser et interpréter le monde et les situations toujours de la même façon et qui poussent à repérer seulement les indices qui valident les hypothèses de la personne sur le monde et elle-même, d’une manière auto-défaitiste.

Des croyances telles que : « tout le monde va m’abandonner », « je ne trouverai jamais quelqu’un qui pourra m’aimer », « je suis moins bien que les autres », « il faut se méfier des gens », « mes besoins sont moins importants que ceux des autres », « ce n’est pas bien de montrer ses émotions », « j’ai besoin des autres pour exister » … sont issues des schémas et vont contraindre la personne à toujours reproduire les mêmes comportements qui lui fera souffrir.

Nous devons à Jeffrey Young, l’approche et le modèle des schémas précoces inadaptés. Cette contribution date de 1990 et depuis, elle a été continuellement étayée par des nombreuses études. Selon Young, les schémas sont présents comme des thèmes envahissants pour l’individu car ils sont constitués de souvenirs, d’émotions, de pensées et de sensations corporelles. Les schémas se sont développés et se sont installés pendant l’enfance et l’adolescence et puis ils se sont enrichis et renforcés tout au long de la vie. Ainsi les schémas sont des stratégies individuelles d’adaptation que va utiliser la personne pour faire face aux situations et résoudre des problèmes. Ces stratégies entrainent un style relationnel particulier. Cinq grands domaines de fonctionnement ont été définis : séparation et rejet, manque d’autonomie et de performance, manque de limites, orientation vers les autres, sur-vigilance et inhibition. On peut différencier trois façons d’obéir à son schéma, 1 – soit la personne se soumettra à son schéma (par exemple, une personne qui a un schéma d’abandon va constamment choisir des partenaires qui mènerait inévitablement la relation à se terminer par un abandon), 2- soit elle va contre-attaquer le schéma (la personne avec un schéma d’imperfection peut avoir un côté très narcissique, se vantant et se mettre en avant alors qu’au fond d’elle-même elle se sent imparfaite et inférieure aux autres), 3 – soit elle va éviter toute situation que pourrait activer son schéma (la personne avec un schéma de manque affectif va éviter toute relation sentimentale par peur d’être déçu).

Du coup, en finalité, le fonctionnement de la personne reste rigide et peu adapté, induisant une souffrance psychologique et une vie peu épanouie. Avec une thérapie efficace, il ne sera peut-être pas possible de supprimer totalement le schéma, car il est inscrit dans le cerveau émotionnel, mais la personne va en prendre conscience et pourra ainsi vivre une vie plus satisfaisante en modifiant son comportement et ses stratégies d’adaptation pour faire face aux situations dans l’avenir.

Le rôle du psychologue formé en thérapie des schémas sera d’aider la personne à repérer les schémas actifs, comprendre quel est le vécu qui est à l’origines de leur mise en place puis mettre des mots sur l’expérience émotionnelle du schéma.

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